Publié le 16 août 2026 · DPE & réglementation

Nouveau calcul DPE 2026 : 850 000 logements changent de classe sans travaux

Étiquette DPE — nouveau calcul coefficient électricité 2026

Depuis le 1er janvier 2026, la méthode de calcul du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) a changé : le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire est abaissé de 2,3 à 1,9. Résultat : environ 850 000 logements gagnent une ou plusieurs classes énergétiques sans aucun travaux. Voici ce que cela signifie concrètement pour les propriétaires et les bailleurs.

Pourquoi le calcul du DPE a-t-il changé en 2026 ?

Le DPE exprime la consommation d'un logement en énergie primaire (en kWh/m²/an). Pour convertir l'énergie finale consommée (ce que vous payez sur votre facture) en énergie primaire, on applique un coefficient multiplicateur qui tient compte des pertes liées à la production et au transport de l'énergie.

Jusqu'au 31 décembre 2025, ce coefficient était fixé à 2,3 pour l'électricité — une valeur héritée d'une époque où le mix électrique français était moins propre. Avec la montée en puissance des énergies renouvelables et la révision de la méthode européenne de calcul, ce coefficient est désormais 1,9 depuis le 1er janvier 2026. Source : Ministère de la Transition écologique.

En pratique, un logement chauffé électriquement consomme « moins » d'énergie primaire sur le papier, ce qui améliore mécaniquement sa classe DPE.

Qui est concerné ? Les 850 000 logements reclassés

Des passoires qui ne le sont plus (officiellement)

D'après les données du gouvernement (ecologie.gouv.fr, info.gouv.fr), environ 850 000 logements sortent du statut de passoire thermique (classe F ou G) grâce à cette réforme. Parmi eux :

  • Environ 400 000 logements classés G remontent vers la classe F ou E.
  • Parmi ces logements classés G, 200 000 étaient en location dans le parc privé ou social — leurs propriétaires bénéficiaires d'une bouffée d'air, les logements G étant interdits à la location depuis le 1er janvier 2025.

Attention : un logement qui passe de G à F grâce à ce recalcul reste soumis à l'interdiction de location des F à partir de 2028. Le répit est réel mais temporaire pour les bailleurs dont le bien reste en classe F.

Les logements chauffés à l'électricité, premiers bénéficiaires

Ce changement ne concerne que les logements utilisant l'électricité comme principale source de chauffage : radiateurs électriques, pompe à chaleur, plancher chauffant électrique. Les logements chauffés au gaz ou au fioul ne sont pas impactés par cette modification.

C'est aussi un signal politique fort : en valorisant davantage le chauffage électrique dans le DPE, les pouvoirs publics incitent les propriétaires à installer une pompe à chaleur plutôt que de conserver un système à combustible fossile.

Comment mettre à jour votre DPE : l'attestation sans nouvelle visite

Bonne nouvelle pour les propriétaires dont le DPE a été établi avant le 1er janvier 2026 : il n'est pas nécessaire de faire réaliser un nouveau diagnostic complet pour bénéficier du nouveau coefficient. Une attestation officielle actualisée peut être délivrée par un diagnostiqueur certifié, sans nouvelle visite sur place et sans frais importants.

Cette attestation met à jour la classe DPE dans les bases de données de l'ADEME et peut être utilisée lors d'une mise en vente, d'une remise en location, ou d'une demande d'aides.

  • Contactez votre diagnostiqueur DPE d'origine ou un nouveau diagnostiqueur certifié.
  • Fournissez le numéro ADEME de votre DPE existant.
  • Le professionnel procède au recalcul et émet l'attestation actualisée.

Vous pouvez également faire estimer votre classe actuelle en amont via notre outil estimation DPE gratuite.

Que faire si votre logement reste classé F ou G après recalcul ?

Pour les propriétaires dont le bien reste en classe F ou G malgré la nouvelle méthode de calcul, des travaux de rénovation énergétique restent la seule voie durable. Les aides disponibles en 2026 permettent de financer une large part de ces travaux :

  • MaPrimeRénov' : jusqu'à 90 % du montant des travaux pour les ménages très modestes, dans le cadre d'une rénovation d'ampleur permettant un saut d'au moins deux classes DPE.
  • CEE (Certificats d'Économies d'Énergie) : cumulables avec MaPrimeRénov', ces primes versées par les fournisseurs d'énergie couvrent isolation, chauffage et ventilation.
  • Éco-PTZ : prêt à taux zéro jusqu'à 50 000 € pour financer le reste à charge.
  • TVA à 5,5 % : applicable à tous les travaux de rénovation énergétique, sans condition de revenus.

Notre simulateur d'aides en ligne vous permet d'estimer en quelques minutes le montant auquel vous pouvez prétendre.

Ce que ce changement ne règle pas

Il serait trompeur de considérer que ce recalcul règle le problème des passoires thermiques. Un logement mal isolé reste inconfortable, énergivore et coûteux à chauffer — même si son étiquette DPE s'améliore. Le coefficient de conversion n'agit que sur le calcul administratif ; il ne réduit pas les factures réelles d'électricité ni les déperditions de chaleur par les murs ou la toiture.

La rénovation énergétique effective reste le seul moyen de réduire durablement les charges et d'augmenter la valeur du bien. En tant qu'Accompagnateur Rénov' agréé, RenoHab vous aide à construire un plan de travaux cohérent, à monter vos dossiers d'aides et à coordonner des artisans RGE pour sécuriser chaque étape du chantier.

Votre logement a-t-il changé de classe ?

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